Volume des cyberattaques : une baisse trompeuse
Selon le baromètre CESIN 2026, 40% des entreprises françaises ont subi au moins une cyberattaque significative au cours de l'année écoulée. Cette tendance à la baisse cache toutefois des disparités importantes selon la taille des organisations.
Répartition par taille d'entreprise
Les grandes entreprises restent les cibles privilégiées des cybercriminels. Le baromètre établit une corrélation claire entre la taille de l'organisation et l'exposition aux risques :
- Grandes entreprises (plus de 5000 salariés) : 50% ont été victimes d'attaques
- ETI (entre 250 et 4999 salariés) : 34% ont constaté des incidents significatifs
Vecteurs d'attaque : concentration sur les techniques éprouvées
Le CESIN 2026 observe une simplification du paysage des menaces, avec une réduction de la diversité des vecteurs d'attaque utilisés par les cybercriminels.
Quelles sont les méthodes d'attaque dominantes ?
Le phishing, le spear phishing et le smishing conservent leur position de techniques d'attaque les plus répandues, suivis de l'exploitation de failles de sécurité. Cette prédominance s'explique par leur efficacité redoutable et leur faible coût de mise en œuvre.
Quelles sont les menaces spécifiques aux grandes entreprises ?
Le baromètre CESIN 2026 identifie plusieurs vecteurs d'attaque touchant particulièrement les organisations de grande taille :
- Attaques indirectes via un tiers : 43% des grandes entreprises citent ce vecteur parmi ceux ayant permis le développement des cyberattaques significatives
- Fuites de données dues à une erreur humaine ou de configuration : 36%
- Activation de composants malveillants : 22%
- Menaces internes (exfiltration, divulgation volontaire ou sabotage) : 21%
- Arnaques par deepfake : 9%, une menace émergente alimentée par l'intelligence artificielle
Incidents de sécurité liés aux tiers : une préoccupation croissante
L'un des enseignements majeurs du baromètre CESIN 2026 concerne l'augmentation constante des incidents de sécurité impliquant des tiers. Cette tendance reflète l'interconnexion croissante des systèmes d'information et l'extension de la surface d'attaque au-delà du périmètre traditionnel de l'entreprise.
Quels sont les types d'incidents impliquant des tiers ?
- Défauts de sécurité chez un tiers avec vol de données : 34% des entreprises concernées
- Vulnérabilités critiques sur des produits et composants déployés : 32%
- Ransomwares chez un tiers perturbant l'activité par effet domino : 30%
Impact réglementaire : NIS2, DORA et CRA
Le baromètre 2026 souligne l'impact croissant des nouvelles réglementations européennes sur les stratégies de cybersécurité des entreprises françaises.
Combien d'entreprises sont concernées par les réglèmentatiions cyber ?
- NIS2 : 59% des entreprises concernées (70% des grandes entreprises, 44% des TPE/PME)
- DORA : 32% des organisations impactées (38% des grandes entreprises)
- Cyber Resilience Act (CRA) : 30% des entreprises (37% des grandes entreprises, 23% des TPE/PME)
Ces chiffres illustrent la pression réglementaire grandissante qui s'exerce sur les organisations pour renforcer leur posture de cybersécurité.
Conséquences des cyberattaques : des impacts multiformes
Le CESIN baromètre 2026 détaille les principales conséquences subies par les victimes d'attaques :
- Vol de données : 52% des cas, confirmant que l'information reste l'actif le plus convoité
- Déni de service : 28% des incidents
- Exposition de données : 27% globalement, mais 36% chez les grandes entreprises
Impacts opérationnels et réputationnels
Les cyberattaques provoquent le plus souvent une perturbation de la production ou une perte d'image. L'impact médiatique frappe particulièrement les grandes entreprises : 36% d'entre elles sont concernées, contre seulement 14% des ETI, reflétant leur visibilité publique accrue.
Frameworks de sécurité : quels sont les standards privilégiés ?
Pour évaluer leur maturité en cybersécurité, les entreprises s'appuient sur différents référentiels reconnus :
- ISO 27001/27002 : 68% (62% des grandes entreprises, 85% des TPE/PME)
- Règles d'Hygiène de l'ANSSI : 51% (43% des grandes entreprises)
- NIST : 41% (56% des grandes entreprises, 34% des ETI)
Évolution des budgets et effectifs cyber en 2026
Le baromètre CESIN 2026 fournit des indicateurs précieux sur l'évolution des investissements en cybersécurité.
Comment évoluent les effectifs dédiés à la cybersécurité ?
Équipes GRC (Gouvernance, Risque et Conformité) :
- Augmentation : 27%
- Stabilité : 64%
- Diminution : 9%
Équipes opérationnelles :
- Augmentation : 26%
- Stabilité : 67%
- Diminution : 7%
Comment évoluent les budgets globaux de cybersécurité ?
- Augmentation : 34% des entreprises
- Stabilité : 51%
- Diminution : 15%
Ces chiffres traduisent une prise de conscience progressive, même si près de deux tiers des organisations maintiennent leurs effectifs cyber constants, soulevant des questions sur l'adéquation entre les moyens alloués et l'évolution des menaces.
Quels sont les enseignements clés du baromètre CESIN 2026 ?
Le baromètre CESIN 2026 dresse un portrait nuancé de la cybersécurité en France. Malgré une baisse du volume global d'attaques significatives, plusieurs signaux d'alerte méritent attention :
- Gravité accrue des incidents : les conséquences s'aggravent même si les attaques diminuent
- Risque tiers omniprésent : la chaîne d'approvisionnement numérique devient le maillon faible
- Pression réglementaire : NIS2, DORA et l eCRA redéfinissent les obligations de sécurité
- Investissements insuffisants : la majorité des organisations maintiennent leurs budgets stables face à des menaces évolutives
Pour les RSSI et décideurs, ce baromètre constitue un outil stratégique permettant de positionner leur organisation par rapport aux tendances sectorielles et d'ajuster leur stratégie de cybersécurité en conséquence.
Le baromètre CESIN représente une photographie annuelle indispensable de l'état de la cybersécurité en France, permettant aux professionnels d'anticiper les évolutions et d'adapter leurs stratégies de défense.
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